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Le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine dénonce les dérives envisageables de la nouvelle proposition de loi sur l’euthanasie débattue au Sénat le 25 janvier.
Strasbourg, le 24/01/11 – Quelles que soient les circonstances « exceptionnelles » à l’origine de l’euthanasie, il s’agit d’un acte délibéré de donner la mort.
Le CPDH rappelle qu’au-delà du « Tu ne commettras pas de meurtre » biblique, la véritable compassion ne se manifeste pas dans l’élimination du malade mais dans son accompagnement.
Les rares pays ayant légalisé l’euthanasie connaissent aujourd’hui des dérives qui plaident pour que cette mesure ne soit jamais légalisée dans notre pays. Le Comité des Droits de l’homme de l’ONU a interpellé les Pays-Bas en 2009 devant le nombre important d’euthanasies et le manque de respect des procédures. En Belgique (250 % d’augmentation en 5 ans), des euthanasies de mineurs, absolument interdites en principe par la loi légalisant l’euthanasie se pratiquent de plus en plus, comme l’aide au suicide de personnes jeunes ou en bonne santé en Suisse. Ces exemples étrangers montrent entre autre, que la légalisation de l’euthanasie constitue une triple menace : elle brise la confiance entre soignants et soignés ; elle pousse à l’exclusion des personnes les plus vulnérables ; elle n’est pas compatible avec le développement des soins palliatifs. Ce ne sont pas des faits divers spectaculaires qui suscitent l’émotion voire la peur qui doivent déterminer les lois de notre pays.
Il est pour le moins étonnant, qu’au moment où les soins palliatifs démontrent leur efficacité aussi bien dans la lutte contre la souffrance que dans une véritable prise en compte de la dignité de la personne, soit proposée une loi visant à introduire « une aide active à mourir » dans notre législation.
La loi Leonetti votée en 2005 répond pleinement à l’exigence éthique d’une société moderne, et plutôt que de légiférer à nouveau, nous attendons, comme beaucoup de Français (voir le sondage Opinion Way) un développement des soins palliatifs (pour lesquels nous avons encore beaucoup de retard), seuls respectueux de la dignité humaine.
Contact presse : Daniel RIVAUD 06 14 04 00 54 – medias cpdh.eu
Le CPDH soutient le « Manifeste citoyen pour la dignité de la personne en fin de vie » du Collectif « Plus digne la vie ».
A la veille du débat sur l’euthanasie au Sénat le 25 janvier, un sondage Opinion Way/SFAP/SFAR/CREFAV/Plus Digne La Vie met à mal certaines idées reçues et apporte un éclairage pertinent sur la vision des Français concernant les soins palliatifs et l’euthanasie. Il souligne notamment la très grande méfiance des Français face à la légalisation de l’euthanasie :
60% des Français préfèrent le développement des soins palliatifs à la légalisation de l’euthanasie, les personnes âgées (73% des plus de 60 ans) se montrant les plus hostiles à cette dernière solution.
Plus de la moitié d’entre-eux (52%) soulignent l’existence de risques de dérives liées à la légalisation de l’euthanasie, risques là aussi notamment perçus par les séniors (62%).
Les Français inquiets de la légalisation mettent en avant des risques de dérives, notamment le fait qu’on puisse, en société, décider légalement de la mort d’une personne (63%) et la possibilité que des malades non consentants soient euthanasiés (57%).
Enfin 63% des Français préfèrent qu’un de leurs proches gravement malade bénéficie de soins palliatifs plutôt que de subir une injection mortelle.
Parallèlement, 53% des Français se déclarent insuffisamment informés sur les soins palliatifs et 68% ne savent pas qu’il existe une loi interdisant l’acharnement thérapeutique.
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Le CPDH regroupe des chrétiens issus de toute la mouvance protestante et a pour objet de promouvoir le respect de la dignité humaine, la défense et la protection des droits et des devoirs de l’enfant, de la femme, et de l’homme d’une manière générale ainsi que la protection du droit à la vie de tout être humain, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Voir en ligne : ACCOMPAGNER ET NON TUER sur le site du CPDH