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Le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine vous propose :
Fiche thématique 1
jeudi 1er décembre 2011, par
Rappel : Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne :
Article 1 : La dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée.
Article 4 : Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.
Article 5 : Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude. Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire. La traite des êtres humains est interdite.
Voir en ligne : Site du Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine (CPDH)
Le 22 novembre 2011, deux députés français, Danièle Bousquet et Guy Geoffroy, ont présenté leur rapport sur l’état de la prostitution en France devant la commission FEMM du Parlement européen. Ce dernier est le fruit d’un important travail d’investigation, puisque les deux députés ont rencontré plus de 200 personnes, parmi lesquelles des prostitués, des assistantes sociales, des professionnels de la santé, des policiers, des magistrats, des élus.... Ils ont également visité plusieurs pays européens (Belgique, Pays-Bas, Suède, Espagne) pour examiner les différentes réponses données par ces pays à la prostitution.
Un constat sans appel :
Dixit Mme Bousquet : ’ Nous avons vu l’exploitation la plus vile de l’être humain par l’être humain et découvert une résignation incroyable chez les victimes.’
5 lieux communs à dénoncer :
FAUX. En Suède, où la prostitution a diminuée de moitié ces dix dernières années, on n’a constaté aucune hausse des agressions sexuelles. Au Nevada, on constate 2 à 2,5 fois plus de viols dans les comtés qui ont légalisé la prostitution que dans ceux où elle est restée illégale.
FAUX. Plus des 2/3 des clients sont des hommes en couple, pères de famille.
FAUX. Il existe de vraies assistantes sociales et les prostituées ne revendiquent ni ne jouent un tel rôle.
FAUX. La prostitution relève toujours de la contrainte, qu’elle soit économique, physique ou psychologique.
FAUX : La prostitution ne s’apparente en rien à un travail. 70 % des prostituées présentent des traumatismes psychologiques graves, assimilables à ceux des victimes de viols ou de guerre.
La prostitution est une violation grave des droits de l’homme :
3 pistes pour lutter contre la prostitution
Lors des questions, les députés français ont émis le souhait que tous les pays européens calquent leur législation sur la législation suédoise, la seule qui semble avoir eu des résultats en la matière. Ils ont souligné le rôle de la pornographie, notamment chez les jeunes, qui est la voie par excellence qui mène les garçons à considérer les femmes comme un objet et à avoir recours ultérieurement à la prostitution (ex. enterrement de vie de garçon, cadeau d’entreprise ...). Il convient donc en amont donc de lutter efficacement contre cette dernière.
La législation des états membres de l’Union européenne varie selon le modèle de politique mis en œuvre dans chacun d’eux, étant entendu que dans tous les pays est criminalisé le fait d’exploiter la prostitution d’autrui :
| Législation | Prostitution extérieure (rue) | Prostitution intérieure (club, maison close) | États membres | % dans l’UE |
|---|---|---|---|---|
| Abolitionniste | Autorisée | Autorisée | Espagne, Pologne, Portugal, République tchèque, Slovaquie, Slovénie | 24% |
| Nouvel abolitionniste | Autorisée | Interdiction des maisons closes | Belgique, Chypre, Danemark, Estonie, Finlande, France, Italie, Luxembourg | 32% |
| Prohibitionniste | Interdite | Interdite | Irlande, Lituanie, Malte, Roumanie, Suède | 16% |
| Régulationniste | Régulée, donc autorisée lorsque exercée dans ce cadre | Régulée, donc autorisée lorsque exercée dans ce cadre | Allemagne, Autriche, Grèce, Hongrie, Lettonie, Pays-Bas, Royaume-Uni | 28% |
L’adoption par le Parlement européen le 14 décembre 2010 de la directive sur la traite des êtres humains (cf. Flash Europe du 10/12/2010) marque une autre étape importante dans cette lutte. Les états membres doivent dorénavant adapter leur législation nationale de manière à respecter les dispositions contenues dans ladite directive, notamment la pénalisation de l’utilisation des services d’une victime, en sachant qu’elle fait l’objet de traite. Cette intégration a d’ores et déjà été opérée fin 2010 par le Royaume-Uni. Il s’avère qu’elle demeure encore insuffisante, dans la mesure où il est très difficile de prouver que le client savait que la femme agissait sous la contrainte parce qu’exploitée.
Seule la pénalisation en toute circonstance du recours au service d’un(e) prostitué(e), tel que pratiquée en Suède semble avoir un impact réel pour mettre fin à cette atteinte particulièrement abominable à la dignité humaine.
Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine
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Source : « Flash Europe CPDH »