mardi 20 janvier 2009, par
Dans l’un des textes les plus célèbres de l’Évangile, Jésus conclut son discours sur les possessions matérielles par une affirmation catégorique : « Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent ». La question de l’argent est d’actualité, car la crise économique actuelle qui frappe le monde n’est agréable pour personne. Elle remet en cause les plans que chacun fait (ou faisait) pour son avenir, ses études, son train de vie, sa carrière, sa retraite, etc. Elle fragilise ceux qui étaient déjà les plus démunis, dépendants des autres car victimes des aléas de la vie. Il faut être prudent certes, attentif certes, solidaires certes… mais faut-il se lamenter et surtout s’étonner ? N’est-ce pas la redécouverte du vieux dicton selon lequel l’argent est un bon serviteur… mais un très mauvais maître ? Écoutons l’actualité remarquable de ce qu’affirme Jésus dans ce discours sur les richesses : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où les mites et la rouille détruisent et où les voleurs percent les murs pour voler, mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites et la rouille ne détruisent pas et où les voleurs ne peuvent pas percer les murs ni voler ! En effet, là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Évangile selon Matthieu, chapitre 6, versets 19 à 21). Dans la dernière phrase, j’aurais dit que c’est notre cœur qui nous pousse à amasser un trésor… mais Jésus dit précisément l’inverse ! Mon cœur s’attache à ce qui fait ma préoccupation, à ce que je chéris à tous les instants. Mon trésor peut donc être un piège pour mon cœur. Matière à réflexion…
Il paraît qu’on aurait perdu 14 000 milliards de dollars dans la crise économique. Au delà de l’énormité du chiffre, quelle part de cette somme était réellement le résultat d’un travail, et quelle part était… du bluff, de la confiance en domino sous forme d’actions boursières « pourries » ? En quoi était mise la confiance de tant de gens, parfois à leur insu par des montages financiers complexes et opaques ?
Il y a déjà longtemps, un Mexicain est devenu fou parce que toutes ses économies, regroupées sous forme de billets dans une boîte métallique, avaient été rongées par les mites. En quoi était mise la confiance de cet homme ?
Notre monde soi-disant moderne a-t-il été plus sage, si l’on en juge par la crise actuelle ? Ses idoles valent-elles vraiment la peine d’être servies ? (si elles l’ont un jour valu !).
Remarquez combien les mots nous piègent : valeur… boursière, ou valeur morale ? Intérêt… d’un placement, ou intérêt pour les autres ?
Oui, décidément, on ne peut servir deux maîtres, et il vaut mieux servir Dieu que l’argent. Il n’y a pas d’hésitation sur la destination du placement, pas de crainte sur son devenir.
Saisissons l’occasion de la crise pour nous interroger sur les vraies valeurs. Si nous avions à vivre dans les pays les plus pauvres de notre planète, comment ferions-nous ? Ce serait difficile… impossible ? Et pourtant, des chrétiens y vivent courageusement leur foi, souvent loin des caméras et des organisations humanitaires. En ayant mis leur trésor dans le ciel.
Saurons-nous faire de même ? Relativisons l’importance des biens matériels. Notre nécessaire est le superflu des plus pauvres que nous, et ainsi de suite. Et, même si cela ne résout pas la crise mondiale, quelle part supplémentaire de nos biens pouvons-nous consacrer à aider les autres ?
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