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Le Monde de Narnia : Chapitre 2 - Le Prince Caspian

Une nouvelle ère commence : sortie attendue du film Disney le 2 juillet

mardi 6 mai 2008, par Lydia Munn

Après le franc succès du premier chapitre du Monde de Narnia : L’Armoire Magique, les studios Disney mettent en scène la deuxième partie de l’histoire - Le Prince Caspian. Tiré du roman de l’auteur célèbre C.S. Lewis, ce film est très attendu par tous les fans de Narnia. A voir absolument !


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Retour dans un monde magique

Pour la deuxième fois de leur vie, les enfants Pevensie se trouvent plongés dans un monde magique, un monde de rêve, le « Monde de Narnia ». Peter, Susan, Edmund et Lucy étaient déjà entrés une fois dans ce monde où les animaux parlent et le grand souverain est un Lion, Aslan. Ils avaient joué un rôle capital dans la déroute des forces maléfiques, pour établir un règne de paix dans ce monde (histoire racontée dans L’Armoire Magique). Aslan lui-même les avait établis comme des rois et des reines, dans le palais de Cair Paravel. Mais un jour cette longue aventure avait pris fin, et ils s’étaient retrouvés de nouveau en Angleterre, comme les simples écoliers qu’ils étaient.

Ils ont ainsi passé une année scolaire, en rêvant, sans doute, de trouver encore une armoire qui leur permettrait de visiter Narnia de nouveau. Mais on n’entre pas deux fois de la même façon en Narnia. Si la première fois ils se sont trouvés par hasard dans un monde complètement inconnu, cette fois-ci ils seront projetés, malgré eux, dans un Narnia transformé, qu’ils ne reconnaissent plus.

Pourquoi Narnia a-t-il tant changé ?

C’est la fin des vacances scolaires en Angleterre. Les quatre frères et sœurs attendent l’arrivée du train qui doit les amener vers l’internat. Un instant, c’est le bruit de la gare qui les entoure. L’instant suivant, ils se retrouvent dans le silence profond d’une plage, sur une île déserte. Ils ne comprennent rien de ce qui leur arrive, ni même le fait qu’ils soient revenus à Narnia. Petit à petit ils vont comprendre que le château en ruines qu’ils découvrent sur l’île n’est autre que le palais de Cair Paravel, là même où ils avaient régné. Mais comment se fait-il que Narnia ait tant changé, que le château soit en ruines, et que la péninsule où se trouvait Cair Paravel soit coupée du territoire continental pour devenir une île ? Après tout, il ne s’est écoulé qu’un an depuis qu’ils ont quitté Narnia.

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Il leur faudra encore du temps avant de comprendre que plus de mille ans ont passé dans le monde de Narnia, pendant l’année qu’ils viennent de vivre en Angleterre. Le pays, peuplé depuis toujours par des animaux qui parlent, et par d’autres êtres mythologiques, tels que des nains et des faunes, a subi une invasion par des êtres humains, les Telmarins. Les nouveaux venus ont chassé les premiers habitants du pays, à tel point que le cruel roi Miraz peut dire à son neveu, le Prince Caspian, que ce n’est que dans les contes de fée que les animaux parlent, que des êtres comme les nains existent. Mais Miraz a tort. L’ancien Narnia existe toujours, et c’est en alliance avec des blaireaux, des nains et des centaures que Prince Caspian, lui-même, va lancer l’appel qui fera venir Peter, Susan, Edmund et Lucy pour sauver le pays.

Qui est C.S. Lewis, et pourquoi écrit-il cette histoire ?

C.S. Lewis a rêvé, depuis son enfance, d’un monde fantastique. Il était fortement attiré par des mythes grecs et nordiques, et cela explique sans doute les personnages qu’il fait vivre dans les sept contes de Narnia qu’il a écrits. Mais si la forme de ces contes vient de son amour pour la mythologie, le fond de l’histoire vient d’un autre amour qu’il a trouvé beaucoup plus tard dans sa vie. C’est à partir d’une expérience profonde du Christ que Lewis choisit de nous raconter des histoires centrées sur la personne du grand Lion, Aslan, qui par une mort volontaire a sauvé une fois Narnia, mais qui a vaincu la mort pour continuer à régner et à sauver le pays du mal.

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Lewis, qui était professeur à Oxford pendant les années 30 et 40, se trouvait dans un contexte où le scepticisme triomphait de plus en plus sur la foi. S’il a choisi, dans L’Armoire Magique, de faire de Peter, Susan, Edmund et Lucy des témoins oculaires des événements qui ont sauvé Narnia, il les met dans l’histoire du Prince Caspian dans un contexte qui ressemble beaucoup plus au nôtre. Tout comme les plus de mille ans qui séparent ces deux contes de Narnia, nous nous trouvons à 2,000 ans des événements de la vie de Jésus racontés dans la Bible. Et la réaction de plusieurs des personnages du livre ressemble étrangement à la réaction de beaucoup de gens de notre époque.

Le choix entre incrédulité ou foi

C.S. Lewis, fin observateur du genre humain, a choisi de peupler son livre par des personnages qui montrent toute une gamme qui va de l’incrédulité affermie, jusqu’à la foi sincère. Le roi Miraz, par exemple, représente l’homme dont l’incrédulité est « bétonnée » au point qu’il refusera de croire même face à des preuves de plus en plus fortes. Dans le cas de Miraz, il refuse la foi par intérêt personnel, parce que « l’ancien Narnia », et surtout le grand Lion Aslan, sont des menaces directes à son emprise sur le pays.

D’autres personnages du livre ont une relation plus complexe avec la foi. C.S. Lewis puise ici dans sa propre expérience. Ayant grandi dans une famille croyante en Irlande du Nord, il s’est détourné très tôt de la foi chrétienne, déçu par un Dieu qui avait permis la mort de sa mère, et ennuyé par une religion qu’il jugeait sans intérêt. Ces idées sceptiques ont été confirmées lors de son séjour de deux ans chez W.T. Kirkpatrick, un tuteur qui l’a préparé pour passer les examens d’entrée à Oxford. « Kirk » était un homme intellectuellement rigoureux, qui a enseigné à Lewis la pensée logique, et la haine de toute pensée malhonnête, manipulatrice, ou simplement confuse. C’était aussi un athée qui estimait que l’existence de Dieu ne pouvait pas se prouver.

Le cas de Trompillon

Dans Le Prince Caspian, on retrouve le scepticisme de W.T. Kirkpatrick dans la personne du nain Trompillon, qui sera le premier à rencontrer Peter, Susan, Edmund et Lucy sur leur île déserte. C’est un scepticisme avec des aspects positifs, comme il le démontre lors de sa première rencontre avec les enfants Pevensie.

— Mais pourquoi devions-nous être des fantômes ? demanda Lucy à Trompillon.

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— Toute ma vie, répondit le nain, j’ai entendu dire que les bois qui bordaient ce rivage contenaient autant de fantômes que d’arbres. Telle est l’histoire que l’on raconte . . . Je n’ai jamais complètement cru aux fantômes.

Mais son scepticisme ne s’arrête pas à de vulgaires superstitions. Les enfants apprendront vite que Trompillon a aussi du mal à croire à leur existence ! Il a, bien sûr, entendu parler de ces anciens rois et reines de Narnia, mais ce n’est que de la mythologie pour lui. Légendaire, aussi, le Lion Aslan, qui n’est pas apparu dans le pays depuis des siècles.

— Je n’ai que faire de lions magiques, dit le nain à Peter à un moment critique de l’histoire. Ils sont, soi-disant, des lions qui parlent, mais qui ne parlent pas, soi-disant des lions bienveillants, mais qui ne nous font aucun bien, et soi-disant des lions énormes, mais que personne, cependant, ne peut voir. Pour autant que je sache, tout ceci n’est que de fatras et fleurs de haricot.

Trompillon pousse bien loin son scepticisme ici. Pourtant, Lewis choisi de faire une différence entre son incrédulité et celle, aveugle, du roi Miraz. Tout comme W.T. Kirkpatrick, Trompillon est un sceptique logique et honnête, qui possède des traits admirables, et surtout une loyauté sans faille envers la cause du Prince Caspian. Il est prêt à obéir au Prince, quitte à partir à la rencontre des quatres anciens rois et reines qu’il croit n’être que des légendes, une mission qu’il considère folle et dangereuse.

— Envoyez-moi, Sire, j’irai ! dit-il à Caspian.

— Mais, je pensais que vous ne croyiez pas [à toute cette histoire], s’étonna Caspian.

— Je n’y crois toujours pas, Votre Majesté ! répondit Trompillon. Mais en quoi cela importe-t-il ? Je peux aussi bien mourir en courant auprès des chimères que mourir ici. Je sais la différence entre donner un avis et recevoir un ordre. Vous avez mon avis, et maintenant c’est le moment des ordres.

— Je n’oubliera jamais cela, Trompillon, s’écria Caspian.

La foi, existe-t-elle toujours en Narnia ?

La loyauté de Trompillon limite les dommages occasionnés par son incrédulité, mais les dommages sont bien réels. Si personne n’avait cru en l’existence de Peter, Susan, Edmund et Lucy, ils ne seraient jamais revenus dans le pays. Pire encore, Aslan n’aurait pas agi sans que la foi en lui soit présente pour appeler son intervention. La foi existe toujours au sein de « l’ancien Narnia ». Les animaux parlants, pour la plupart, ont une confiance de fer en Aslan, croyant qu’il finira par revenir pour les libérer de l’emprise des hommes qui risquent de les éradiquer de leur pays. C’est une foi simple, qui ne se pose pas de questions, mais elle est aussi profonde. C’est grâce à leur confiance, enracinée dans les souvenirs qui viennent des ancêtres qui ont vu Aslan en action, que l’espoir continue à vivre en Narnia.

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— Crois-tu à toutes ces vielles histoires ? demande le nain Trompillon au blaireau, Chasseur-de-Truffes.

— Je vous le répète, nous ne changeons pas, nous les bêtes, répond le blaireau. Nous n’oublions rien. Je crois au roi suprême Peter, et aux autres, qui régnèrent à Cair Paravel ; j’y crois aussi fermement qu’à Aslan lui-même.

— Aussi fermement que ça, sans doute, dit Trompillon. Mais qui croit à Aslan de nos jours ?

— Moi, dit Caspian. Et si je n’avais pas cru en lui auparavant, j’y croirais maintenant. Là-bas, chez les humains, les gens qui riaient d’Aslan auraient ri des histoires de nains et de bêtes qui parlent. Quelquefois, je me demandais s’il existait vraiment un être comme Aslan ; mais quelquefois, je me demandais s’il existait vraiment des gens comme vous. Or, vous voici.

Pour le Prince Caspian, la foi est venue petit à petit, dans le palais de son oncle, quand son tuteur a osé lui parler en secret de « l’ancien Narnia ». Il a cru sans voir, comme nous devons le faire aujourd’hui. Sa foi en Aslan n’a jamais faibli, même quand le Lion tardait à intervenir. Ce n’est qu’à la fin du livre que Caspian va voir, de ses propres yeux, celui en qui il a choisi de mettre sa confiance.

Une foi qui évolue

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En fait, les seules personnes dans l’histoire qui ont déjà vu Aslan sont les quatre enfants. Pour eux il n’est pas question de douter de l’existence du grand Lion. Mais leur foi, comme celle de nous tous, est appelée à grandir. Des quatre, Lucy a toujours été la plus attachée au Lion. C’est peut-être pourquoi, quand Aslan vient à leur rencontre pour la première fois dans cette histoire, elle est la seule capable de le voir. Pour elle, l’épreuve de sa foi consiste à réveiller les autres, en pleine nuit, pour les inciter à suivre un Lion qu’ils ne voient pas, simplement parce qu’Aslan lui demande de le faire. Dur, dur, quand on est la plus jeune de la famille, de convaincre des frères et sœurs grognons qu’elle n’est pas en train de faire un rêve.

C’est dans cette situation que des choix de foi s’imposent aussi aux trois autres. Edmund, fort des leçons qu’il a apprises lors de son grand échec au début de l’histoire de L’Armoire Magique, est le premier à décider de croire sa sœur. Peter, qui en tant qu’aîné ressent fortement sa responsabilité de meneur, aura plus de mal à suivre. C’est Susan qui fera tout pour ne pas suivre Lucy, et qui avouera plus tard à sa sœur, avec honte, qu’elle l’a fait parce qu’elle avait choisi d’écouter ses craintes.

Les dimensions d’une foi vivante

La foi des quatre enfants Pevensie évolue parce qu’elle est ancrée dans une expérience renouvelée avec Aslan. Tout comme ces personnages fictifs devaient d’abord croire en l’existence d’Aslan, notre cheminement commence par la foi en Dieu et en Jésus-Christ comme celui qui nous sauve du péché. Mais il ne s’arrête pas là. A travers l’expérience de Lucy et des autres, C.S. Lewis témoigne de la façon dont sa foi a évolué. Il dit de sa conversion, alors qu’il enseignait à Oxford, qu’elle fut d’abord une conversion intellectuelle. La logique rigoureuse enracinée en lui par son tuteur Kirkpatrick a fini par le convaincre de l’existence de Dieu, et du fait que Jésus-Christ ne pouvait être que le Fils de Dieu, envoyé par lui dans le monde pour devenir notre Sauveur. Par la suite il a appris à connaître et à aimer le Christ de plus en plus profondément, et il nous montre, de main de maître, toutes les dimensions d’une foi vivante dans la relation des quatre enfants avec Aslan.
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On peut lire Le Prince Caspian ou regarder le film simplement comme une aventure passionnante dans un monde de rêves. Mais au centre de ce conte de C.S. Lewis se trouve la question : Qui est vraiment Jésus-Christ ? A vous le défi de trouver la réponse à cette question, en regardant avec attention la relation de Peter, Susan, Edmund et Lucy avec le grand Lion. Vous en sortirez avec une foi enrichie.

Et Trompillon ?

Qu’en est-il, alors, du nain Trompillon ? Restera-t-il toujours sceptique ? Ou comprendra-t-il un jour qui est Aslan, en réalité ? A vous de trouver, en lisant Le Prince Caspian, en attendant le film de Disney qui sort sur nos écrans le 2 juillet...

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