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Maris, aimez vos femmes ! (Éphésiens 5.25-33)

lundi 13 septembre 2004, par Brad Dickson


Quelque fois, nous souhaiterions presque que l’apôtre Paul ait laissé ce commandement sans précisions. Après tout, à chacun de décider ce que « aimer sa femme » veut dire vraiment. Mais ce n’est pas le cas. Dans ce texte, l’apôtre livre deux images qui placent la barre de l’amour conjugal chrétien très haute : aimer comme le Christ a aimé, et aimer comme nous aimons notre propre corps. Rien que ça !

« Aimez vos femmes comme le Christ a aimé son Eglise. »

Cette première comparaison nous laisse un peu rêveur. Comment appliquer cela à son mariage ? Pour répondre à cela, Paul devient plus spécifique : « il s’est sacrifié pour elle. »

L’amour c’est donc le sacrifice. Peut-il y avoir un message plus pertinent que celui-ci pour aujourd’hui, où aimer ne signifie guère plus que « faire l’amour » ? Aimer, ce n’est donc pas prendre, mais donner. Ce n’est pas profiter, mais investir. Ce n’est pas s’appuyer, mais porter.

Au temps de nos fiançailles, dans un élan poétique et amoureux, je me suis laissé aller à dire à ma future femme que je grimperais la plus haute montagne et que traverserais le plus grand océan pour elle. C’était mon intention … mais le temps a tendance à user ce genre d’enthousiasme. Vingt-trois ans plus tard, je crains que j’oublie parfois qu’amour rime avec sacrifice.

Il y a quelques années, mon esprit de sacrifice a été mis à l’épreuve. Mon épouse a décidé qu’elle aimerait se former pour un ministère de conseil conjugal et familial. Ceci impliquait qu’elle suive des cours onéreux et prenants.

J’étais prêt à consentir à ces investissements. Mais un aspect de ceux-ci me pesait particulièrement. Pour financer ses cours nous ne pouvions nous permettre de nous priver des ressources générées par son travail d’assistante maternelle. Il a fallu alors que je la remplace parfois pour aller à l’école maternelle pour chercher nos enfants plus les trois que mon épouse gardait le midi. Leur faire à manger ne me faisait pas trop peur. C’était plutôt la pensée de marcher dans le quartier suivi de six petits cannetons qui froissait mon orgueil masculin ! Cet égoïsme a failli faire capoter le projet, mais j’ai fini par surpasser ce blocage, et même par m’attacher aux petits cannetons ! Après tout, c’était pour le développement personnel de mon épouse, et pour l’équiper pour un ministère.

Pourquoi le Christ a-t-il donné sa vie pour l’Eglise ? Habituellement, Paul répondrait : « pour la racheter. » Mais ici, où il veut que l’exemple du Christ serve surtout à nous enseigner l’amour conjugal, il répond avec une insistance étonnante que le Christ s’est sacrifié « pour la rendre sans tâche, ni ride, rayonnante de beauté. » (Bible du Semeur)

Mes frères, nos sacrifices pour nos épouses ne sont ni injustes ni vains quand nous les faisons avec les mêmes intentions que Jésus ! Ce sont des investissements en vue de leur épanouissement, et de leur sanctification. Puis-je oser la comparaison avec l’entreprise, où le bon chef s’efforce de s’assurer que ses collaborateurs aient les encouragements et les moyens nécessaires pour avancer.

Nous aimons affirmer que, selon la Genèse, la femme est destinée à être « une aide » pour son mari, et c’est vrai. Mais dans ce paradigme, selon le modèle du Christ, nous découvrons que nous sommes aussi destinés à être une aide pour elles !

J’ai la joie de constater que plus je me sacrifie, en donnant à ma femme l’amour, les encouragements, le temps et les ressources dont elle a besoin, plus elle est épanouie et belle ! Comme c’est triste de voir une femme éteinte, sans rayonnement. Se pourrait-il que ce soit son mari qui ne l’aime pas comme Jésus a aimé l’Eglise ?

La première image de l’amour conjugal dans notre texte est compréhensible surtout par ceux qui ont un engagement chrétien. Paul donne alors une deuxième image qui trouvera elle, une résonance universelle.

« Maris, aimez vos femmes comme votre propre corps ! »

Cette fois, l’exhortation de Paul devient douloureusement terre-à-terre. Combien de temps passons-nous par jour à nous occuper de notre corps ? La toilette, l’alimentation, l’habillement, le sport, le médical … tout cela chiffre très vite ! Tenons-nous à notre épouse avec la même sollicitude, étant prêt au même investissement que pour notre propre corps ?

Au début de notre mariage, nous avons lu un article très utile qui comparait le mariage à la gestion d’un compte en banque. Le principe de base est que le compte fonctionne aussi longtemps que l’on y dépose une quantité d’argent égale ou supérieure à la somme que l’on en retire. C’est simple, mais pas si évident que cela à respecter !

De même, vis-à-vis de notre femme, les retraits répétés et sans dépôts suffisants créeront tôt ou tard un déséquilibre qui peut être fatal. Où en sont vos comptes ?

Ce principe n’exige pas que les dépôts et les retraits se fassent simultanément. Il peut y avoir des périodes de la semaine ou de la vie où il faut « retirer » beaucoup. Éventuellement, le compte supportera de rester quelques jours « dans le rouge ». Mais dès que possible, il faut alimenter à nouveau le compte pour combler le trou !

Pour ce faire, mon épouse et moi avons un rendez-vous hebdomadaire depuis plus de vingt ans que nous surveillons aussi sérieusement que notre compte en banque. C’est un moment de détente où nous nous promenons, (une manière de sortir sans dépenser de l’argent), et où nous nous racontons notre semaine. Ceci est nécessaire car il faut admettre qu’il y a des jours où nous nous croisons seulement ! Lors de ces « rencards », nous parlons des décisions à prendre, de nos enfants, de notre travail, de nos ministères, et de nous. Parfois nous revenons sur un événement de la semaine où l’un ou l’autre a été blessé. C’est alors l’occasion de se demander pardon. Nous terminons par un temps de prière. Et notre compte redevient alors créditeur !

C’est un investissement minimal comparé au temps que nous consacrons à notre corps. Et pourtant, depuis des années que nous donnons ce conseil aux couples, nous trouvons qu’assez peu d’entre eux prennent la peine de le mettre en pratique. Ils laissent l’urgent prendre le pas sur l’indispensable.

Ce n’est bien sûr pas la seule manière d’aimer sa femme comme son propre corps. Souffre-t-elle de quelque chose ? Est-ce que je m’en occupe comme si c’était mon « mal » à moi ? Sait-elle que je souffre avec elle ?

Comme cause possible de nos échecs, Paul explique que nous avons peut-être sous-estimé le mystère du lien qui nous unit à notre femme. Selon la Genèse, qu’il cite, nous avons à l’aimer comme notre propre corps, parce qu’elle est notre corps !

Étant donc encordé avec ma femme dans une seule et même équipe, j’ai vraiment tout à gagner à l’aimer comme le Christ a aimé l’Eglise, et comme mon propre corps. Tout un programme ! Mais quel résultat !

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