samedi 8 juin 2002, par Brad Dickson
Le seizième siècle a vu naitre, en la réforme protestante, un des mouvements les plus significatifs de l’histoire. La réforme, loin d’être un phénomène uniforme en Europe, se composait alors de quatre éléments principaux : l’Église Luthérienne en Allemagne, sous l’influence de Martin Luther, L’Église Réformée en Suisse, sous l’influence de Jean Calvin, et l’Église Anglicane en Angleterre.

La quatrième « aile » de la réforme, appelée parfois la « réforme radicale » poussait les idées des réformateurs encore plus loin. La réforme radicale était composée de groupes qui refusaient l’alignement avec le pouvoir politique, croyant à la séparation de l’église et de l’état. Une de leurs particularités était la croyance que le baptême ne devait être administré qu’aux adultes ayant fait profession de foi, et non aux enfants. C’est pour cela qu’on les appelait des « anabaptistes. »
Le mouvement évangélique d’aujourd’hui est l’héritier de cette réforme radicale du seizième siècle. Persécutés pour leurs idées non-conformistes, plusieurs de ces groupes ont émigré vers le « nouveau monde », ce qui explique en partie la forte concentration d’églises évangéliques en Amérique du Nord aujourd’hui.
Les réveils religieux du 18e et 19e siècle en Angleterre sont aussi générateurs de mouvements d’églises dites « libres ». Entre autre, sont nées à cette époque, les églises baptistes, méthodistes, églises de frères, et autres, toutes avec une doctrine évangélique.
En France, les guerres de religion n’ont pas favorisé la croissance du protestantisme. Néanmoins, il y a toujours eu, depuis le temps de Calvin, un courant évangélique, qui va croissant, particulièrement depuis la dernière guerre.
Les églises évangéliques partagent avec toutes les églises chrétiennes les doctrines centrales et historiques de la foi transmise par les apôtres. Les traits qui les distinguent pourraient être résumés comme suit :
un attachement particulier à la lecture de la Bible et à son autorité
la nécessité d’une conversion personnelle et profonde de chacun pour devenir enfant de Dieu.
la pratique de baptême : une majorité d’Églises évangéliques pratique le baptême des croyants (qui ont un engagement réfléchi par rapport à la foi et à l’église), c’est-à-dire le baptême de ceux qui ont fait un choix conscients de suivre le Christ.
le désir de chaque membre de partager avec autrui le message de l’Évangile et la joie trouvée en Jésus-Christ.
des cultes vivants grâce à une large participation de chacun.
Dans son livre récent Philippe Larère, prêtre catholique, prend note de la croissance des évangéliques et admire leur capacité à mobiliser les laïques. Sur la couverture de son livre, nous voyons le joueur de tennis Michael Chang, chrétien évangélique.
On estime l’importance du mouvement évangélique, présent sur tous les continents, à environs 200 millions de membres, soit la moitié des chrétiens protestants. En France on recense à peu près 250.000 évangéliques qui se réunissent dans 2800 lieux de culte.
Le département de l’Isère compte une cinquantaine d’églises évangéliques. Dans l’agglomération grenobloise la pastorale évangélique regroupe plus d’une quinzaine d’églises. Ces églises sont desservies dans la région de Grenoble par deux centres de vacances, un foyer pour étudiants, un centre de formation théologique et une radio locale.