d’après une conférence du pasteur Hans U. Wyttenbach, donnée en Juin 2003
lundi 30 juin 2003, par Hans Wyttenbach
Le rôle futur d’Israël rencontre certainement les positions les plus divergentes dans l’étude eschatologique. Or, l’attitude du chrétien à l’égard des Juifs en général et de l’état d’Israël actuel en particulier n’est qu’en partie due à sa préférence pour un système d’interprétation. Elle dépend aussi, et pour beaucoup surtout, de critères culturels, d’éducation et parfois sentimentaux. Rappelons les positions les plus courantes :
L’amillénarisme : Les prophéties de l’Ancien Testament s’appliquent globalement à l’Eglise. L’Eglise est à présent l’Israël spirituel. L’annonce d’un royaume juif sur terre n’a pas de fondement biblique. "Le Nouveau Testament ne parle jamais des Juifs en tant que nation... Pourtant, nombre d’entre eux, tout en hésitant de voir dans la création de l’état d’Israël en 1948 un accomplissement des prophéties, n’excluent nullement la conversion massive de juifs dans l’avenir.
Le prémillénarisme-dispensationaliste : les choses sont claires, les prophéties de l’A.T concernant le royaume futur s’appliquent littéralement à Israël. Israël doit redevenir le peuple élu et missionnaire qu’il a cessé d’être pour un temps, à cause de sa désobéissance. Certains vont même jusqu’à prévoir la reconstruction d’un temple matériel et le rétablissement des sacrifices, ce qui paraît hautement improbable. Une réalisation littérale de la prophétie d’Ezéchiel (ch. 40-48) à laquelle les dispensationalistes font souvent allusion, pose des problèmes insolubles.
Le prémilléranisme : les prophéties sont revues avec plus de prudence et une distinction est faite entre les textes concernant l’Eglise (croyants juifs et non-juifs) et ceux réservés à Israël. « Nous devons nous garder de tout spiritualiser dans ce domaine ». Ils sont convaincus que des passages du Nouveau Testament comme Romains 11 annoncent un rétablissement physique d’Israël par une conversion massive.
De nombreuses allusions dans le Nouveau Testament expliquent que le refus de l’Evangile par les Juifs leur enlève le privilège de peuple élu en faveur des croyants en Christ. L’Eglise devient ainsi héritières des promesses. Par la chute du peuple d’Israël, le salut est devenu accessible aux païens, Rm 11:43 C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. Mt 21:43. Des passages comme Rm 4:11-12, 9:6-8, Gal 3:7,14,29, 4:28, 6:16 reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d’Abraham.(v.7) établissent clairement ce transfert spirituel. Certains sont nuancés dans l’utilisation du vocabulaire. Mais il paraît hasardeux de spiritualiser certaines promesses rapportées par les prophètes Ezéchiel, Esaïe, et Zacharie qui parlent avec insistance du rétablissement d’Israël. Elles rejoignent admirablement les affirmations de Jésus, les nombreux « jusqu’à ce que » par exemple en Lc 21:24, Mt 23:39 et Rm 11:25-26, et de Paul concernant la greffe de l’olivier franc sur sa propre souche, Rom.11:23-31.
Deux positions extrêmes doivent être évitées :
Il nous semble que le croyant doit se garder aujourd’hui autant d’une indifférence passive que d’un sentimentalisme confus à l’égard des Juifs. L’histoire d’Israël est trop unique et extraordinaire et les promesses, concernant l’avenir, trop précises pour rester indifférent à son égard. A l’inverse, être en faveur d’Israël, ne veut pas dire affirmer comme juste, ou même divine toute action juive et israélienne de nos jours.