lundi 12 août 2002, par Léo Mützner
Pour répondre à la question initiale, « la Bible est-elle la Parole de Dieu ? », nous devons répondre à cinq questions qui surgissent automatiquement dans des formes très diverses quand on aborde ce sujet. Ces cinq questions sont très progressives.
La Bible est unique dans sa rédaction.
Connaissez-vous la personne qui a écrit la première page de la Bible et celle qui en a écrit la dernière ?
Moïse : Environ 1500 av. J.C.
Jean : Environ 90-100 apr. J.C.
Imaginez-vous un livre qui a été écrit sur un temps de 1600 ans. Aujourd’hui nous sommes en 2000. Imaginez-vous qu’en cette année sorte un livre commencé en 400… C’est incroyable ! Aucun livre dans l’histoire humaine ne ressemble à ce livre-là. Il est absolument unique et original. En fait, la Bible n’est pas un seul livre mais un ensemble de livres, une sorte de bibliothèque. Il y a tout d’abord deux grandes parties. La première, appelée l’Ancien Testament, qui parle surtout de la relation entre Dieu et Israël, son peuple choisi. Il contient 39 livres. La deuxième partie de la Bible s’appelle le Nouveau Testament et il parle surtout de la vie de Jésus-Christ et des débuts de l’Eglise. Il contient 27 livres. En tout, la Bible compte donc 66 livres et nous pouvons observer quatre grands genres littéraires :
des livres historiques
des livres poétiques
des livres prophétiques
des livres didactiques
Quant aux auteurs, environ 40, ils sont également très divers. La plupart nous sont connus mais non pas tous (Chroniques, Rois, Samuel, Hébreux). Parmi les auteurs connus, nous trouvons des gens très différents :
Moïse, un leader politique ayant fait ses études universitaires ( !) en Egypte
Pierre, un pécheur
Amos, un berger
Josué, un général militaire
Néhémie, un échanson du roi
Daniel, un premier ministre
Luc, un médecin
David, un roi
Matthieu, un percepteur d’impôts
Paul, un rabbi
Aussi différents sont les auteurs, aussi différents sont également les lieux de rédaction :
le désert (Moïse)
un cachot (Jérémie)
un coteau et un palace (Daniel)
les prisons (Paul)
en voyage (Luc)
sur une île (Jean)
Les circonstances de rédaction elles aussi étaient très différentes :
en temps de paix et de guerre
en temps de gloire et en temps d’humiliation
en temps de joie et de peine
En ce qui concerne la langue, nous trouvons trois langues dans la Bible :
L’hébreu (la plupart de l’AT)
Le grec (la plupart du NT)
L’araméen (quelques passages dans l’AT)
Ces gens étaient très différents et il vivaient dans des époques très différentes. Pourtant ils avaient en commun leur amour pour Dieu et leur désir de faire connaître Dieu :
Voici ce que disait l’un d’eux, Job, probablement le plus ancien des auteurs :
Oh ! si mes propos pouvaient être écrits, s’ils étaient gravés dans un livre ! Qu’avec un burin de fer et avec du plomb, ils soient pour toujours taillés dans le roc... ! (Job 19.24)
Un psalmiste dit également :
Mes œuvres sont pour le roi ! Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain ! (Ps 45.2)
Une deuxième question surgit alors tout de suite. Comment, parmi tous les livres qui ont été écrits sur cette terre et à travers les temps, ces livres-là ont-ils été sélectionnés pour former la Bible ? N’y a-t-il pas d’autres livres qui auraient pu y être insérés ? Comment cette sélection s’est-elle faite ? En évoquant ce sujet on parle du « canon biblique ». Or le terme « canon » n’est jamais utilisé dans la Bible. C’est plutôt l’histoire qui a forgé ce terme.
Pour répondre à cette question, nous devons procéder différemment pour l’Ancien Testament et pour le Nouveau Testament.
Commençons donc par l’Ancien Testament. Voici les critères mentionnés par Mac Arthur selon lesquels un livre de l’Ancien Testament a été reconnu :
Il devait être écrit par un prophète ou un associé à un prophète.
Il ne devait pas contenir des erreurs historiques, géographiques ou théologiques.
Il devait être reçu, conservé et lu par les Israélites, peuple de Dieu.
Jésus-Christ et les apôtres reconnaissaient pleinement l’autorité de l’Ancien Testament comme d’ailleurs tout le peuple.
Le témoignage de Flavius Josèphe, grand historien juif du premier siècle, nous montre qu’à cette époque l’Ancien Testament était pleinement reconnu :
« Rien ne peut être mieux attesté que les écrits autorisés parmi nous. En effet, ils ne sauraient être sujets à aucune discordance ; car on n’approuve parmi nous que ce que les prophètes écrivirent il y a beaucoup de siècles, enseignés qu’ils étaient par l’inspiration même de Dieu... Nous n’avons pas parmi nous une innombrable multitude de livres, se contredisant l’un l’autre. Nous n’en avons que vingt-deux, qui contiennent les récits de toute l’histoire ancienne, qui sont à juste titre considérés comme divins, dont cinq ont été écrits par Moïse et contiennent ses lois et les traditions de l’origine de l’humanité jusqu’à sa mort... Les prophètes ont écrit ce qui se passa de leur temps en treize livres. Les quatre livres qui restent contiennent des cantiques en l’honneur de Dieu et des préceptes pour la conduite de la vie humaine... Depuis des siècles si nombreux... personne n’a été assez hardi pour y ajouter, ou y retrancher quelque chose, ou pour en modifier le contenu ; car il est devenu naturel pour tous les Juifs... de croire que ces livres contiennent des doctrines divines, d’y persévérer et, si besoin est, de mourir volontiers pour eux. Ils nous sont donnés par l’inspiration qui vient de Dieu. Mais , quant aux autres livres composé depuis les temps d’Artaxerxès (Apocryphes), ils ne sont point regardés comme dignes d’une foi semblable. »
Philon d’Alexandrie, contemporain des apôtres, atteste aussi
« que les Juifs mourraient dix mille fois plutôt que de permettre qu’un seul mot soit altéré dans leurs Ecritures ».
Pour le Nouveau Testament, la plupart des livres sont cités dès le temps sub-apostolique, et ensuite, comme revêtus de l’autorité supérieure. Leur rassemblement proprement dit des livres canoniques a duré environ trois siècles :
| 50-100 | Les livres du Nouveau Testament sont écrits et aussitôt répandus. |
| 100-200 | Ils sont rassemblés et lus dans les églises. |
| 200-300 | Ils sont examinés et comparés aux autres livres. |
| 300-400 | Ils se sont imposés à l’Eglise par leur clarté. |
Les premières listes apparaissent dans la deuxième moitié du 2è siècle. Les copies se sont multipliées, et l’Eglise réagit contre le canon tronqué de Marcion et contre les faux canons des gnostiques. Pendant deux siècles environ, des discussions vont continuer parmi les orthodoxes à propos de quelques livres, notamment Hébreux, Jacques et Apocalypse. Au concile de Carthage (397), la liste des livres généralement reconnus comme faisant partie du canon est officiellement adoptée.
Les Réformateurs ont insisté, contre la conception de l’église catholique, sur l’absence de toute instance supérieure à la Parole de Dieu, et qui pourrait ainsi l’authentifier et l’autoriser. L’Ecriture est « autopistis », elle possède en elle-même le droit d’être crue, et elle s’impose elle-même, comme le sel impose sa saveur et le miel impose sa douceur.
Selon Geisler et Nix, cinq tests étaient subis pour savoir si un livre pouvait faire partie de la Bible :
Le test de l’autorité (portait-il des traces de la main de Dieu ?)
Le test de la prophétie (le livre était-il écrit par un prophète ou apôtre ?)
Le test de l’authenticité (était-on sûr de l’authenticité de l’auteur ?)
Le test de la dynamique (le livre était-il marqué par la puissance transformatrice de Dieu ?)
Le test de l’acceptation (Comment le peuple de Dieu a-t-il réagi à ce livre ?)
En ce qui concerne le NT, Mac Arthur mentionne les critères de sélection suivants :
L’auteur devait être un apôtre ou un associé (Marc, Luc).
Le contenu du livre devait s’accorder avec l’enseignement des apôtres.
Le livre devait être lu et utilisé dans les Eglises.
Les générations immédiates, notamment les Pères de l’Eglise, devaient également reconnaître le livre.
Les Apocryphes (Pseudégraphies)
Les Apocryphes apparaissent pour l’Ancien et le Nouveau Testament. Pourquoi ne font-ils pas partie de la Bible ?
Les apocryphes de l’AT
Il existe 15 livres écrits entre 400 av. J.C. et 100 apr. J.C. : 1 et 2 Esdras, Tobie, Judith, les Additions au livre d’Esther, la Sagesse de Salomon, l’Ecclésiastique, Baruch, les Additions au livre de Daniel (le Cantique des Trois jeunes gens, la prière d’Azarias, l’histoire de Suzanne, Bel et le Dragon), la prière de Manassé et 1 et 2 Maccabées. Les Juifs n’ont jamais ajouté les livres apocryphes au Canon de l’Ancien Testament. Ni Christ ni les apôtres ne les ont acceptés au même titre que les Ecritures. Les scribes juifs ne les avaient pas non plus acceptés comme des livres divins. Mac Arthur nous rappelle pourquoi les Juifs n’ont pas ajouté les livres apocryphes à l’Ancien Testament :
Ils étaient rédigés fort longtemps après l’achèvement du Canon vers 400 av. J.C. Aucun de leurs auteurs n’affirme être divinement inspiré, et certains même le nient. Ils contiennent des erreurs de faits et des enseignements éthiques et doctrinaux en contradiction avec le Canon hébraïque. Par exemple, ils justifient le suicide et l’assassinat, et enseignent la prière pour des morts. Malheureusement, l’Eglise Catholique a intégré plusieurs livres apocryphes dans la Bible en 1546 et cela en réaction contre la Réforme. Les apocrypes ne figuraient pourtant pas dans la Vulgate, traduction de Jérôme (347-420) qui était pourtant pendant 1000 ans la traduction officielle de l’Eglise Catholique.
Les apocryphes du NT
Comme avec l’Ancien Testament, un nombre impressionnant de livres apocryphes du Nouveau Testament ont également apparu. Ils comprennent l’épître de Barnabé, l’apocalypse de Pierre, l’évangile de Nicodème, le Berger d’Hermas et aussi les évangiles d’André, de Bartholomé, de Thomas et de Philippe. Mais ces livres ont été écartés du Canon du Nouveau Testament car ils ne résistaient pas aux critères cités plus haut.
C’est une autre question qui est souvent posée. Le texte biblique n’a-t-il pas été modifié volontairement ou involontairement au fil des siècles ?
Là encore la Bible est unique dans sa conservation et sa transmission. Il est évident que nous ne sommes pas en possession des originaux de la Bible. Les premiers textes étaient écrits sur des matériaux périssables (pierre, cuir, parchemin, etc.). Mais Dieu a veillé sur sa Parole afin qu’elle soit conservée dans sa pureté. Pendant environ 3000 ans (de Moïse à Gutemberg), elle était recopiée à la main avec une fidélité miraculeuse. Les scribes, les écrivains et les Massorètes ont copié le texte en comptant pour chaque livre les lettres, syllabes et mots pour vérifier et jeter le cas échéant une mauvaise copie. Aucun texte, qu’il soit de Planton, d’Aristote, de Cicéron ou de Sénèque n’était ainsi traité.
Peut-on se fier au texte biblique ? Correspond-il au texte original ? Les auteurs ont-ils vraiment écrit ces livres ou d’autres se sont-ils servi de leurs noms ? Si nous étudions cette question d’une manière sincère et sans « a priori » nous pouvons conclure que nos textes actuels correspondent certainement au texte initial des auteurs historiques. Toute notre connaissance de l’histoire antique repose sur des documents, souvent beaucoup moins fiables que ceux des textes bibliques. Le fragment le plus ancien du Nouveau Testament est un morceau de l’évangile de Jean. Il date de 130 apr. J.C. Il contient le texte de Jn 18.31-33 et le verset 37. Ce document se trouve à la bibliothèque John Rylands à Manchester. Un autre manuscrit également très vieux (200 apr. J.C.) contenant les premiers quatorze chapitres de l’évangile de Jean se trouve à la bibliothèque Bodmer à Genève. Ensuite nous trouvons de nombreux autres textes :
Les onciaux
Il s’agit d’environ 300 documents écrits entre le 2è et le 4è siècle en lettres majuscules, sans espaces libres et sans signes.
Les cursives
Il s’agit d’environ 4500 documents écrits entre le 5è et le 9è siècle
Codex Vaticanus (4è siècle)
C’est le texte le plus ancien et le plus important. Ce document est écrit en grec et contient presque tout l’Ancien et le Nouveau Testament. Il est écrit sur du parchemin.
Codex Sinaïticus (4è siècle)
Ce texte a été découvert par Tischendorf au couvent Ste Catherine près du Mont Sinaï. En 1844, Tischendorf a visité ce couvent. Alors il a vu dans une corbeille du vieux papier prêt à être brûlé. Voyant tout de suite qu’il s’agissait de papier de grande valeur, il réussit à les récupérer. Ce document contenant une large partie de l’Ancien et du Nouveau Testament en grec se trouve aujourd’hui au British Museum à Londres.
Codex Alexandrinus (5è siècle)
Ce document, contenant également des parties de l’Ancien et du Nouveau Testament, est aussi écrit en grec. Il est d’une qualité un peu inférieure et se trouve également dans les mains du British Museum.
Codex de Leningrad (9è siècle)
Il s’agit du texte le plus ancien de l’Ancien Testament écrit en hébreu. Ce document date de 895.
Les documents de Qumram
La découverte sensationnelle à la Mer Morte en 1946 des documents de l’Ancien Testament datant du deuxième siècle av. J.C. a confirmé la véracité du texte biblique. Avant cette date les plus anciennes copies de l’Ancien Testament remontaient aux alentours de 1000 apr. J.C : le Codex des prophètes du Caire était achevé en 895, le Codex Babylonicus donne le texte des prophètes dans une version datée de 916. Mais à Qumram il y avait des copies des textes de l’Ancien Testament datant du 2è siècle av. J. C. et quel miracle, le texte n’a pratiquement pas bougé pendant 1000 ans de copiage à la main !
Avec force nous pouvons affirmer que la Bible est le livre le plus solidement conservé de toute la littérature de l’Antiquité
| Personne | Date des textes les plus anciens | Nombre de textes disponibles |
|---|---|---|
| Jules César (100 apr. J.C.) | 900 apr. J.C. | 10 |
| Tacite (100 apr. J.C.) | 1100 apr. J.C. | 20 |
| Nouveau Testament (100 apr. J.C.) | 130 apr. J.C. | 1 |
| 300-400 apr. J.C. | 4000 |
Le Point :
" Par-dessus tout, leur contenu s’est avéré identique à celui du Codex Leningradensis. Mille deux cents ans de fidélité parfaite, malgré les pérégrinations multiples du peuple d’Israël ! Le niveau de crédibilité des copistes juifs venait attester d’une tradition extrêmement solide, qui s’appuyait forcément sur un art véritable de l’écriture et un respect inégalé du texte. Bien que nous n’ayons toujours pas à ce jour de manuscrit hébreu complet de l’Ancien Testament antérieur au Xè siècle de notre ère, les rouleaux de la mer Morte démontrent donc que l’on peut s’y fier de manière incontestable.
Dans l’ensemble, nous possédons pour la Bible des manuscrits beaucoup plus nombreux que pour les autres grands classiques de l’Antiquité, ceux d’Homère ou de Tacite, par exemple. En comparaison, les traductions de l’œuvre de Shakespeare (qui n’a que trois siècles) comportent des inexactitudes qui sautent aux yeux. "
Le Point :
« De plus, sur l’ensemble du Nouveau Testament, l’historicité de nos sources est des plus flagrantes : 5300 manuscrits grecs complets, 13000 manuscrits grecs de portions de textes, et 9000 manuscrits de très anciens fragments. Sur cette masse considérable, il n’y a que dix à vingt versets dont la signification ne soit pas absolument sûre, sans pour autant que le sens du texte soit altéré ! »
Nous pouvons encore ajouter que la première Bible en français est la Bible Olivétan sortie de presse en 1535. En 1532, les protestants du Dauphiné et du Piémont se liguent ensemble sous l’impulsion de Guillaume Farel, réformateur d’origine dauphinoise. Le synode décide de financer ce projet. La Bible Olivétan sera utilisée pendant 3 siècles. Avant cette Bible, il existait la Vulgate, version latine de Jérôme (331-420).
Encore une question plus importante. La Bible est-elle crédible ? Bien que dans cet exposé nous n’entrions pas trop dans le contenu de la Bible (cela sera l’objet d’une autre étude), nous voulons tout de même nous poser la question, à savoir si le texte biblique est digne de quelque confiance ou non.
Trois réactions possibles Certes, la Bible suscite des réactions très diverses. J’aimerais en énumérer trois :
L’indifférence Il y a tout d’abord ceux qui sont indifférents face à cette Parole. Ils ignorent tout sur la Parole de Dieu par manque d’intérêt et par l’indifférence. Leur nombre est malheureusement en croissance. Ils ne veulent même pas réfléchir à la question, lire la Bible, réfléchir à leur position et prendre une décision. Il n’y connaissent rien et ne s’y intéressent pas. Pour eux, la Bible n’a aucun intérêt. C’est le cas des athées pragmatiques et de nombreux agnostiques.
L’opposition Une deuxième catégorie de personnes est opposée à la Parole de Dieu. Pour eux, il est inadmissible d’affirmer que la Bible est Parole de Dieu. Ils cherchent des arguments mettant en péril l’autorité de la Parole.
Ce courant existe surtout depuis le 19è siècle. Il a comme fondement, comme a priori, que la Bible ne peut être inspirée d’un Dieu et qu’elle n’a donc aucune autorité supérieure. Pour ce courant, la Bible est l’œuvre d’hommes et de femmes qui ont essayé par la plume de faire passer leurs idées, d’influencer, voire même de manipuler leurs contemporains et même l’humanité entière. Alors ils passent l’enseignement de la Parole de Dieu au peigne fin et ils trouvent beaucoup d’indices allant à l’encontre de la Bible comme Parole de Dieu. Leurs arguments phares sont les suivants :
La Bible est pleine d’erreurs historiques.
Son message est complètement incohérent et contradictoire.
Le texte biblique a été tellement déformé au cours des siècles qu’on ne peut plus reconstituer le texte original. Pour eux, Jésus est un homme progressivement divinisé.
L’acceptation
Nombreux sont ceux et celles qui ont accepté la Bible comme étant un ensemble crédible et digne de confiance.
Sur la base de quel critère faut-il trancher ? Si nous voulons être honnête et cohérent nous devons appliquer à la Bible les mêmes critères que nous appliquons en général aux documents historiques pour vérifier leur crédibilité. Selon Sanders il y a trois tests de base auxquels il faut soumettre chaque texte pour évaluer sa crédibilité :
Le test bibliographique
Le texte nous a-t-il été transmis fidèlement ? Nous avons déjà souligné ce point dans le chapitre précédent.
Le test interne
Est-ce que le texte lui-même est cohérent et digne de confiance ? Est-ce qu’il indique lui-même des objectifs et est-ce qu’il les atteint ? En ce qui concerne le NT, les objectifs des auteurs sont clairement définis :
Luc 1.1-3, 3.1
2 Pierre 1.16
1 Jean 1.3
F.F. Bruce :
« And it was not only friendly eyewitnesses that the early preachers had to reckon with ; there were others less well disposed who were also conversant with the main facts of the ministry and death of Jesus. The disciples could not afford to risk inaccuracies, which would at once be exposed by those who would be only too glad to do so. On the contrary, one of the strong points in the original apostolic preaching is the confident appeal to the knowledge of the hearers ; they not only said, » We are witnesses of thes things « , but also, » As you ourselves know « (Actes 2.22). Had there been any tendency to depart from the facts in any material respect, the possible presence of hostile wittnesses in the audience would have served as a further corrective. »
[1]
Le test externe
Y a-t-il des indices historiques qui confirment ou infirment le contenu du texte lui-même ? En d’autres termes y a-t-il d’autres sources externes au texte lui-même qui le confirment ? Nous pouvons mentionner d’autres sources de connaissances.
La littérature
Eusèbe (130) :
« The Elder (apostle John) used to say this also : » Mark, having been the interpreter of Peter, wrote down accurately all that he (Peter) mentioned, whether sayings or doings of Christ, not, however, in order. For he was neither a hearer nor a compainion of the Lord ; but afterwares, as I said, he accompanied Peter, who adapted his teachings as necessity required, not as though he were making compilation of the sayings of the Lord. So then Mark made no mistake, writing down in this way some things as he mentioned them ; for he paid attention to this one thing, not to omit anything that he had heard, nor to include any false statement among them. "
[2]
Irénée de Lyon (180)
« Matthew published his gospel among the Hebrews in their own tongue, when Peter and Paul were preaching the gospel in Rome and founding the church there. After their departure, Mark, the disciple and interpreter of Peter, himself handed down to us in writing the substance of Peter’s preaching. Luke, the follower of Paul, set down in a book the gospel preached by his teacher. Then John, the disciple of the Lord, who also leaned on His breast, himself produced his gospel, while he was living at Epheseus in Asia. »
[3]
L’archéologie
Elle aussi confirme le message de la Bible.
Pierre Lagrange, archéologue catholique qui a passé 50 ans en Palestine pour comparer chaque détail fourni par les Evangiles aux données réelles des mœurs, de l’histoire et de l’archéologie dit :
« Le bilan de mon travail, c’est qu’il n’existe pas d’objections techniques s’opposant à la véracité des Evangiles. Tout ce qu’ils rapportent, jusqu’aux moindres détails, peut être précisément et scientifiquement vérifié ».
Nous pourrions énumérer de nombreux exemples où l’archéologie a justement permis d’éclaircir et de valoriser le texte biblique. Mac Arthur par exemple cite les découvertes sur le roi Salomon et sur les Hittites qui ont renforcé la crédibilité de la Bible.
Le Point :
« Ce rayonnement planétaire est d’autant plus impressionnant que la Bible, faisant fi de toutes les découvertes archéologiques ou philologiques, se montre inoxydable. La défaite des idéologies, le galop de l’athéisme ne semble en rien diminuer son succès. A ce jour, tout ce que l’on sait du Livre va étonnamment dans le même sens, et démontre invariablement que l’ancestrale Ecriture résiste impeccablement au temps et aux théories. »
Permettez-moi de terminer avec cette question-là. Elle est très importante. Elle est capitale et même vitale.
Soit la Bible est la révélation de Dieu
A ce moment-là Jésus Christ, le Fils de Dieu, a raison quand il dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi ».
Qu’est-ce que nous entendons par ce terme « Révélation » ?
Henri Blocher :
« L’inspiration des prophètes et des apôtres, aux modes divers et mystérieux, leur a permis de parler et d’écrire sans distorsion aucune comme les porte-parole mandatés par Dieu, si bien que leur parole humaine est pleinement Parole de Dieu, revêtue de sa souveraine autorité. »
Pour aller un peu plus loin je soulève trois questions qui ne trouvent pas de réponses en dehors de l’acceptation de la révélation de Dieu
Comment expliquer que ce petit peuple juif croit jouer un rôle déterminant dans l’histoire de l’humanité (Genèse 12.1-3) ?
Pourquoi avec tant de Messies prétendants dans l’histoire, seul Jésus a-t-il été annoncé bien à l’avance ?
Comment expliquer que le message de l’évangile existait dès le début dans sa forme actuelle et qu’elle n’est donc pas progressive ?
Vittorio Messori
« Bouddha, Confucius, Lao-Tseu, Mahomet, tous les fondateurs de religions sont historiquement des isolés. C’est-à-dire qu’ils apparaissent sans que la tradition religieuse précédente les annonce. Jésus est, au contraire, le point central d’un élan d’espérance et d’attente. »
Soit la Bible n’est pas la révélation de Dieu
A ce moment-là comme dit Paul, les chrétiens sont les pires menteurs qui existent. Cela veut également dire qu’il ne peut y avoir aucune certitude concernant l’existence de Dieu et sa personnalité, ni au sujet de l’homme, ses origines, son identité et son avenir.
Bien sûr, je crois que la Bible est la révélation de Dieu, qu’elle n’est pas seulement un livre d’homme mais un message de Dieu adressé aux hommes. La Bible elle-même revendique d’être la parole de Dieu. Ces hommes qui ont écrit la Bible avaient encore quelque chose d’autre en commun. Ils étaient tous convaincus que Dieu leur a demandé d’écrire ce qu’ils avaient à écrire. Leur message n’était pas seulement le fruit de leur propre réflexion. Ils ont parlé des choses qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont écrit des messages qu’ils ne comprenaient pas. Mais ils ont obéi à l’ordre de Dieu d’écrire :
Exode 17.14 Ecris ces choses comme souvenir dans le livre.
Jér. 36.2 Prends un livre en rouleau, et tu y écriras toutes les paroles que je t’ai dites sur Israël.
Apoc. 4.19 Ecris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui va se produire ensuite.
Environ 4000 fois nous trouvons l’expression « Dieu dit » dans la Bible. En effet, Dieu revendique d’être l’auteur de la Bible. C’est Lui qui a mis sa signature à chaque page de la Bible pour engager sa responsabilité. Certes les écrivains ont écrit ce que Dieu leur a donné d’écrire avec leurs mots et leur personnalité. Ils ont agi un peu comme une secrétaire qui écrit une lettre pour son chef. Mais ensuite, c’est le chef qui met sa signature sur la lettre et à partir de ce moment-là sa responsabilité est engagée.
Permettez-moi d’évoquer pour conclure quelques raisons qui m’amènent à cette conviction. A vous ensuite de réfléchir sur vos propres convictions.
La Bible est écrite par un Dieu qui connaît le passé, le présent et l’avenir Dieu revendique de connaître le passé, le présent et l’avenir (Es 44.6-8). Permettez-moi de vous donner quelques exemples de paroles prononcées par des prophètes mais sur les ordres de Dieu, paroles qui se sont réalisées exactement. Certes, nous devons faire attention et nous ne devons pas tomber dans le piège de vouloir voir des prophéties accomplies de partout.
La Bible affirme par les prophètes que Dieu dirige les grands de ce monde sans pour autant leur enlever la responsabilitéde leurs actes :
Les Assyriensétaientconduits par Dieupour faire disparaître le royaume du Nord (722 av. J.C.).
Les Babyloniens étaient conduits par Dieu pour s’emparer de l’Assyrie et emmener les Israélites en captivité (en 587 av. J.C).
Cyrus était conduit par Dieu pour ramener 70 ans plus tard les Israélites dans leur pays (Esaïe l’a prédit en 700 av. J.C. dans Esaïe 44.28 alors que cela s’est produit environ 160 ans plus tard en 539 précisément).
Au-delà de ces trois exemples historiques de taille, il y a une véritable concentration prophétique autour de Jésus Christ :
le lieu de sa naissance est prédit,
la persécution des enfants est prédite,
sa mission est annoncée,
sa mort est annoncée,
sa résurrection est annoncée.
Quand nous lisons l’évangile de Matthieu écrit plus particulièrement pour les Juifs, nous trouvons sans arrêt l’expression « afin que s’accomplissent les Ecritures ». Des prophéties annoncées des siècles avant les événements se sont réalisées mot à mot.
Aucun autre fondateur de religion n’a été annoncé comme Jésus Christ l’a été.
Blaise Pascal :
" Qu’on est heureux d’avoir cette lumière dans cette obscurité.
Qu’il est beau de voir par les yeux de la foi, Darius et Cyrus, Alexandre, les Romains, Pompée et Hérode, agir sans le savoir pour la gloire de l’Evangile. "
La Bible résiste aux tests de crédibilité
Nous avons vu que la Bible tient debout face au test bibliographique, interne et externe. Elle n’a pas à rougir concernant son contenu.
C’est le best-seller absolu
Aucun livre n’a trouvé autant d’intérêt que la Bible et cela à travers toute l’histoire. Aucun livre ne s’est imposé aux hommes comme celui-ci. Aucun livre ne correspond auxbesoinsfondamentauxde l’homme comme la Bible. La première traduction de la Bible est la LXX, traduction de l’AT en grec. Cette traduction s’est faite en 250 av. J.C.
Le Point, N° 1177 du 8 avril 1995
En dépit de sa diffusion perpétuelle, de son édition sous toutes les formes, de son adaptation au cinéma,de toute la littérature qu’elle nourrit, l’intérêt qu’elle suscite ne se dément pas. Traduite en 2092 langues, soit un tiers des parlers de la terre, 598 pour l’Afrique, 365 pour l’Amérique latine, 520 pour l’Asie et 344 pour l’Océanie, c’est le best-seller absolu. En 1994, année record, quelque 18, 4 millions de bibles ont été distribués dans le monde, et, si l’on ajoute à ce total les diffusions du Nouveau Testament ou d’autres extraits, on atteint le chiffre à peine croyable de 600 millions d’exemplaires.
De quoi largement donner tort à Voltaire, qui prédisait, en 1778, qu’il ne faudrait pas plus qu’un siècle pour ne trouver la Bible que chez les antiquaires. Erreur historique.
A propos de Voltaire, notons pour la petite histoire que selon Geisler et Nix 50 ans après sa mort la Société Biblique de Genève a utilisé son imprimerie et sa maison natale pour imprimer et stocker des Bibles.
La Bible est un ensemble profondément cohérent et uni Comment, en dehors de l’acception de la révélation divine, expliquer la grande cohérence de cette parole écrite par plus de 40 personnes sur un temps de 1500 ans. En dehors de la révélation de Dieu il n’y a pas d’explication raisonnable. Du début à la fin il y a un seul message :
« Dieu seul est Dieu et il se révèle aux hommes pour que ceux-ci le découvrent, le croient, l’adorent et le servent. »
La Bible résiste aux différentes tentatives d’anéantissement (Persécution ou Moquerie)
La Bible est un livre qui a touché le cœur d’innombrables personnes à travers l’histoire humaine Pierre disait un jour à Jésus Christ : « A qui irions-nous ?. C’est toi qui a les paroles de la vie éternelle. » En effet, des milliers et des milliers de personnes de toute race, de tout rang social et de tout âge à travers l’histoire de l’humanité témoignent de ce livre extraordinaire dans lequel ils ont trouvé Dieu, un sens à la vie, une force et une consolation dans l’épreuve et un guide pour leur vie. Aucun autre livre n’a suscité tant d’intérêt que celui-ci.
Beaucoup de personnes dans la passé, le présent et probablement dans l’avenir sont prêtes à mourir pour posséder, lire et répandre cette parole Aucun pouvoir n’a réussi à séparer les chrétiens et l’humanité de la Parole de Dieu. De nombreuses tentatives ont été faites mais elles n’ont jamais aboutit.
J’aimerais conclure en vous laissant un temps de questions. Mais juste avant de terminer, permettez-moi de vous encourager à lire ce livre si extraordinaire. Vous avez peut-être beaucoup entendu parler de ce livre, soit en bien soit en mal mais vous n’avez jamais pris le temps de le lire. Et je vous encourage à le faire. Chacun doit avoir lu la Bible au moins une fois dans sa vie. Déjà, pour notre culture chrétienne dont nous sommes tout de même encore imprégnée, il faut le lire. Mais au-delà de l’intérêt culturel, il y a également un véritable intérêt pour ce livre. Il revendique de révéler le seul vrai Dieu et le salut qu’il offre à l’humanité. C’est un message que l’homme doit connaître pour se positionner.
L’être humain est profondément religieux. Il est en recherche. Toutes les religions, toutes les idéologies prouvent que l’homme est en quête de sens. Mais sachez que Dieu n’est pas un Dieu que l’on doit rechercher quelque part. Dieu est un Dieu qui s’est approché de nous, qui s’est révélé à nous à travers sa Parole.
Deux citations pour conclure :
Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront point (Mt 24.35).
Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche ; elle ne retourne pas à moi sas effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli avec succès ce pour quoi je l’ai envoyée. (Es 55.10-11)
L’inspiration et l’autorité de la Bible, René Pache (Editions Emmaüs, 1967)
Institution Chrétienne, Jean Calvin
Hypothèses sur Jésus, V. Messori (Mame, 1989)
La passion du livre, J. Mac Arthur (Editeurs de Littérature Biblique, 2000)
Le Point N° 1177 du 8 avril 1995
A Ready Defense, Josh Mc Dowell, (Thomas Nelson Publishers, 1993)
[1] « Les premiers prédicateurs ne se sont pas seulement trouvés en face de »gentils« témoins oculaires. Il y en avait beaucoup d’autres qui étaient moins bien disposés et qui connaissaient également le ministère et la mort de Jésus. Les disciples ne pouvaient pas risquer d’être contredits par eux sur les faits. Pour cela, un des points les plus forts dans la prédication originale des apôtres étaient justement leur appel aux faits connus des auditeurs. Ils ne disaient pas seulement : »Nous sommes témoins de ces faits.« mais aussi »Comme vous le savez vous-mêmes (Actes 2.22)".
[2] « L’ancien (l’apôtre Jean) avait l’habitude de dire : »Marc, l’interprète de Pierre, a écrit fidèlement ce que Pierre a mentionné sans ordre précis concernant les paroles et les actes de Jésus. Il n’a pas seulement entendu parler de Jésus mais il était son compagnon. Mais après, il a accompagné Pierre, qui adaptait son message selon les besoins, bien que Marc ait fait une compilation des paroles du Seigneur. Ainsi Marc n’a pas commis d’erreur dans tout ce qu’il a écrit. Il a pris le plus grand soin de ne rien omettre de ce qu’il a entendu et de ne pas inclure de faux éléments.« [3] »Matthieu a publié son évangile parmi les Hébreux dans leur propre langue, pendant que Pierre et Paul ont prêché l’évangile à Rome où ils ont fondé une église. Après leur départ, Marc, disciple et interprète de Pierre, nous a remis ces écrits avec le contenu de la prédication de Pierre. Luc, l’accompagnateur de Paul, a écrit dans un livre l’évangile prêché par son maître. Jean, disciple du Seigneur, a également écrit un évangile alors qu’il vivait en Asie, à Ephèse."