jeudi 16 septembre 2004, par Jean-Luc Tabailloux
La spiritualité de la culture fortement contaminée par le Nouvel Âge, influence la pensée des chrétiens plus qu’on ne le croit...
Depuis quelque temps à Hollywood, une nouvelle mode fait fureur sur le plan spirituel. Je veux parler de la Kabbale. Des vedettes telles que Madonna sont devenus les porte-parole enthousiastes de ce qui serait sensé être une forme de mysticisme juif médiéval. J’utilise le conditionnel, car il ne s’agit ici au fond, qu’un des exemples récents de ce que j’appelle les nouvelles religions à la carte.
De nouvelles formes de religiosité qui permettent aux gens de se sentir bien dans leur peau, sans leur imposer aucune contrainte sur le plan moral personnel.
Il est facile de sourire face aux excentricités de ces vedettes du show-biz, mais si l’on veut bien être honnête, ces courants de pensée sont présents dans la tête de nombreuses personnes se disant chrétiennes.
Dans la société post-chrétienne où nous vivons, il ne s’agit là que d’une nouvelle forme d’une ancienne hérésie tirée du gnosticisme. Sur le plan spirituel, nos contemporains se caractérisent par une allergie à toute forme d’institution, ainsi qu’un mépris pour l’autorité et la tradition. « Ce qui est vrai, c’est ce que je peux expérimenter, ce que je sens, et qui me fait du bien. » Voilà le credo. Voilà la nouvelle vérité. Une vérité personnelle, et qui s’appréhende par l’expérience. « Si ça marche, c’est que c’est vrai ! » nous dit-on. Appliquez ce critère pour valider n’importe quelle idéologie ou spiritualité et vous verrez les dégâts.
C’est une nouvelle manifestation de la gnose. Une doctrine bien connue à l’époque de l’église naissante, et qu’elle a récusée par la bouche même de l’apôtre Jean.
Il y a de nombreux chrétiens, ou du moins qui pensent l’être, qui achètent des livres sur le Nouvel Âge. Ces chrétiens ne veulent pas, ou du moins sont incapables, de reconnaître que ces doctrines tirées de la gnose, sont en parfaite contradiction avec les croyances de base du christianisme biblique et historique.
Ce qui est vrai au niveau du français moyen qui s’est fait sa religion à la carte, est parfois malheureusement aussi vrai dans nos milieux chrétiens. Pour de nombreux croyants, leur foi est d’abord une affaire d’expérience personnelle qui n’a rien à voir avec le christianisme biblique et historique transmis par l’église de Jésus-Christ. L’idée que la foi chrétienne puisse produire une vision du monde unique et radicalement différente de celle engendrée par la culture ambiante, leur est complètement étrangère.
Il y a une autre tendance présente dans certaines publications chrétiennes. On ne compte plus les livres ou les chapitre de livres, qui seraient sensés nous livrer le secret ou la clé du succès dans tel ou tel domaine de notre vie. Un étudiant en Histoire de l’église y reconnaîtra aisément des relents de la doctrine gnostique. En effet l’idée de salut par l’initiation au secret et à la connaissance ésotérique était la norme. La plupart de ces livres prétendent se baser sur des principes bibliques.
En réalité ce que les lecteurs achètent n’est autre qu’un moyen d’accéder à une « connaissance soi-disant secrète » qui leur permettrait de « libérer » la puissance qui est en eux. Un moyen séduisant pour « maximiser les potentialités cachées et infinies qui se trouveraient au tréfond de leur être ». Voir même, de découvrir le « dieu » qui se cacherait en eux.
Cet accent mis sur l’expérience personnelle, où il n’y a d’autre norme que celle de mes pensées et de mes émotions, reflète une indifférence totale envers ce que le Christianisme historique et biblique nous enseigne. Il reflète aussi une ignorance grave de la vision du monde engendrée par l’Evangile.
Cette façon de se faire un dieu à la carte, taillé sur mesure, et à la hauteur de nos désirs a pour seul but de nous accommoder et de faire que l’on se sente bien. Ainsi, cette nouvelle forme de spiritualité n’a plus grand chose à voir avec l’Evangile. C’est une spiritualité de la contrainte minimum qui n’est préoccupée que de ce qu’elle apporte à ses adeptes. Elle propose un dieu qui nous laisse faire tout ce que l’on veut, qui nous donne tout ce que l’on désire, genre distributeur automatique. Rien à voir avec une recherche sincère de la Vérité, avec un grand V, la Vérité sur Dieu et sur Ses attentes à notre égard, sur ce qui est bien ou mal. Aujourd’hui on veut un dieu fait à notre image et pas le contraire. Mais ce dieu est-il encore Dieu ou un valet de service ? Certainement pas Celui qui se révèle dans la Bible ni Celui avec qui le Christ est venu nous réconcilier. Un Dieu dont je m’approche à Ses conditions en disant : « Notre Père qui est aux cieux… que « Ta » volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Et ça, ça change tout.
Article adapté à partir de diverses sources Internet et radiophoniques lues et éditées par Jean-Luc Tabailloux.
Pour aller plus loin dans la reflexion, un livre du philosophe Ravi Zacharias : « Jésus parmis d’autres divinités » Editions Vida.
Vous pouvez retrouver la rubrique « Actualité et Culture : une vision chrétienne du monde », sur « Radio Certitude » 96.6 MHz dans l’agglomération grenobloise.