Sortie d’un film à gros budget pendant les fêtes de Noël !
A Voir Absolument !
lundi 19 décembre 2005, par Lydia Munn

Quel enfant n’a pas imaginé de se trouver transporté un jour dans un autre monde, un monde qui ne suit pas les règles du nôtre, un monde où des choses arrivent qui ne se passent nulle part ailleurs ? C. S. Lewis a connu cette passion lui-même. En tant qu’enfant il écrivait déjà des histoires d’animaux qui accomplissaient des actes héroïques. Et son imagination s’enflammait des légendes et de mythes qu’il lisait : des mythes remplis d’êtres étranges comme les faunes ou les licornes. Des mythes remplis aussi des tragédies qui retraçaient souvent les hauts faits des dieux grecs ou nordiques.

Lewis a poursuivi sa passion pour la littérature en devenant professeur de lettres à Oxford. Là, il s’est lié d’amitié avec d’autres passionnés, comme le Professeur J.R.R. Tolkien. Pourtant, malgré tout ce qui unissait ces amis à Oxford, il y avait une différence de taille. Depuis son adolescence, Lewis ne se considérait plus chrétien. Tolkien et d’autres amis continuaient à croire en ce Christ qui, pour Lewis, n’était qu’un mythe comme les autres.
Une lutte acharnée s’ensuivit dans le cœur de Lewis, qui ne voulait pas croire, mais qui était de plus en plus convaincu de la véracité de la foi chrétienne. Il dit de lui-même qu’il a cru à contre-cœur à l’existence d’un Dieu créateur, et un peu plus tard, à la vérité sur Jésus-Christ. Il a cru que cet homme, qui avait réellement vécu il y a 2.000 ans, était le Fils de Dieu, le Sauveur des hommes par sa mort et sa résurrection. Cette foi, d’abord intellectuelle, s’est mue en relation profonde avec le Christ. Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Lewis a sillonné l’Angleterre, partageant sa foi avec des millions de personnes. Ses discours sont réunis dans des livres (tel que : « Les Fondements du Christianisme ») qui ont toujours une grand influence aujourd’hui. Celle-ci est surtout due à la lucidité de son analyse en tant que théologien. Mais c’est dans les années d’après-guerre, quand l’Europe se relevait difficilement de son épreuve, que Lewis a compris qu’il pouvait aussi mettre ses dons littéraires au service de sa foi.
En 1950, il a sorti une histoire pour enfant, le premier des sept livres de “Narnia”, qu’il a dédié à Lucy, la fille d’un ami proche. L’Armoire Magique regroupe tout ce que Lewis, enfant, aimait le plus. Le lecteur suit la petite Lucie alors qu’elle joue à cache-cache dans une vieille armoire quand soudain elle se retrouve projetée comme par enchantement dans un autre monde. La première personne qu’elle y rencontre est un faune. Quelques pages plus loin, c’est Monsieur et Madame Castor qui accueillent Lucie, revenue cette fois-ci avec sa sœur et ses deux frères. Ce sont les castors qui protègent les enfants de la Sorcière Blanche : reine maléfique qui domine sur Narnia depuis des siècles.

C’est aussi les castors qui les emmènent à la rencontre du roi légitime du pays.
Est-ce un homme ? Lucie demande timidement.
Bien sûr que non ! Aslan, c’est le roi de la forêt, et le fils de l’Empereur-d’au-delà-des-mers. Ce ne peut être qu’un lion, le Lion, le grand Lion.
Aslan... roi légitime, dont le règne a été usurpé par la Sorcière Blanche. Aslan... fils de l’Empereur, qui revient régler le mal qui domine sur son pays, et qui doit un jour donner sa vie pour le vaincre. Chacun des quatre enfants a une expérience différente avec lui, mais ils apprennent tous à le respecter et à l’aimer.
La petite Lucie est celle qui, plus que tout autre, donne son cœur au Lion, et le suit avec confiance et avec amour. Elle aura trois occasions de visiter Narnia (des visites racontées dans trois des sept Chroniques). A la fin de la troisième, quand elle se rend compte qu’elle ne pourra plus revenir, elle éclate en sanglots.
Ce n’est pas tant Narnia, dit-elle à Aslan. C’est vous. Nous ne pouvons pas vous rencontrer dans notre monde. Comment pouvons-nous vivre sans vous ?
Mais je suis aussi dans ton monde, lui répond Aslan. Simplement, j’ai un autre nom là-bas. Si je t’ai amenée à Narnia, c’était aussi pour t’aider à mieux me connaître dans ton monde.
Depuis cinquante ans, des millions de jeunes, surtout dans les pays anglophones, se sont plongés dans le monde de Narnia. Certains en sont sortis avec la même soif que Lucie, de connaître dans notre monde celui qu’ils avaient appris à aimer là-bas. D’autres lecteurs sont passé complètement à côté du symbolisme biblique de ces livres, en n’y voyant que des histoires pleines de rêves et d’aventures.
Après le succès du film tiré du livre de Tolkien, « Le Seigneur des Anneaux », Hollywood s’est tourné vers l’œuvre de Lewis, ami de Tolkien, dont les livres sont empreints d’un même esprit (bien que le symbolisme biblique est plus direct chez Lewis). Quand L’Armoire Magique sortira sur les écrans en décembre, les chrétiens auront une occasion peu fréquente de partager leur foi par un film ludique, dont l’histoire est passionnante.
Vu l’ignorance regrettable du français moyen quant aux faits de base de l’Evangile, nos amis ne verront pas tout de suite, la signification d’Aslan et de son action dans le film. Car Aslan n’est autre que Le Christ lui-même. A nous donc de partager avec eux, non seulement la foi que C. S. Lewis a voulu communiquer dans son histoire, mais notre expérience personnelle avec celui qui a changé nos vies. Et pour se préparer, pourquoi ne pas déjà lire le 1er tome du « Le Monde de Narnia : L’Armoire Magique ? ». Le lire avec vos enfants, le partager avec des amis... Pourquoi pas ?