Grand spectacle les 11, 12, 18 et 19 mars à Ainter’expo de Bourg en Bresse
Une trilogie mise en scène par Xavier Arlot
lundi 6 mars 2006, par Webserviteur
PARU DANS VOIX DE L’AIN DU 13 DECEMBRE 2006
Xavier Arlot serait-il le Robert Hossein départemental (de l’Ain) ? S’il n’en n’a pas la prétention, il lui emboîte le pas et ose investir la grande scène d’Ainterexpo pour proposer au grand public 4h 20 de spectacle consacré à Jésus. Rencontre avec un metteur en scène audacieux et passionné qui entraîne dans son sillage, sur scène et en coulisses, plusieurs centaines de personnes.
Plus de quatre heures de spectacle consacré à Jésus : n’est-ce pas une idée un peu folle ?
La trilogie du Seigneur des anneaux, c’est onze heures ! Quand on se paye 3h 30 de film, il me semble que c’est possible aussi pour un spectacle. La passion du christ de Mel Gibson a attiré beaucoup de monde. Les grandes “Passions”, jouées à Nancy toute une journée, attirent. C’est vrai que nos églises sont de moins en moins pleines mais on ne peut pas dire que les gens ne sont pas attirés, dès lors que quelque chose parle à leur âme. Il nous a semblé que c’était le moment de se lancer. Il y a eu des peurs mais l’enthousiasme a pris le dessus.
Votre premier spectacle consacré à Jésus remonte à 1990. Pourquoi vous être intéressé à ce personnage ?
Je suis croyant ! Depuis que j’ai découvert l’évangile en 1988, je me dis que si je devais rester sur une île déserte, c’est avec ce livre que je partirais. Avec l’évangile, tu peux te ressourcer en permanence, en apprendre sur ta vie avec les autres. Il guide ma façon de vivre. Ce texte me séduit. C’est une vraie passion. Dans l’absolu, il y a plein de belles histoires à raconter. Celle-là te porte loin. Pour beaucoup, Jésus reste un personnage un peu mythique, un personnage de légende.
Qu’est-ce qui dicte le choix d’une trilogie ?
Ça me travaille depuis plus de dix ans. En 1990, l’association paroissiale de Jasseron/Meillonnas est venue me chercher pour monter La Passion. Michel Rozand avait lancé l’idée et finalement, il y avait 75 personnes sur scène. À notre grande surprise, l’église était pleine. Créer cette pièce fût un bonheur absolu ! On a recommencé en 1991. En 1992, nous nous sommes dit qu’il ne fallait pas jouer La Passion tous les ans. Nous avons monté Jean-Baptiste. En 1993, nous avons rejoué La Passion à Bourg. En 1994, nous avons relié La Passion et Jean-Baptiste et mis en scène : Jésus au milieu des hommes, le spectacle le plus joué, depuis, dans le département. Depuis, l’idée d’une trilogie chemine. La décision a été prise en septembre 2004.
Pourquoi avoir choisi la scène d’Ainterexpo ?
Aujourd’hui, il y a des tas de gens qui aimeraient connaître l’histoire de Jésus. De moins en moins connaissent la bible. Certains vont l’acheter, d’autres n’ont jamais osé. Du coup, je me suis dit qu’il n’y avait pas de meilleur endroit qu’une salle de spectacle pour découvrir l’histoire de ce personnage. Nous avons d’abord pensé à un lieu historique, l’église de Brou mais ça n’a pas été possible. Ainter’expo, c’est une scène de 200 m2 et la possibilité d’accueillir 2500 personnes.
Comment avez-vous donc conçu cette trilogie ?
Le spectacle débute par On l’appelait Jean Baptiste (1h 05) : l’époque avant la naissance de Jésus, son enfance et celle de Jean-Baptiste, les premiers disciples, l’emprisonnement de Jean Baptiste, le banquet d’Hérode... Suit Jésus, homme au milieu des hommes (1h 45) : la tentation au désert, les noces de Cana, le choix des apôtres, Jésus en Galilée, Marthe et Marie, la Samaritaine, l’annonce de la Passion, la résurrection de Lazarre, etc. Enfin la Passion (1h35) évoque l’entrée de Jésus à Jérusalem, le dernier repas, le jardin des oliviers, le chemin du calvaire, la mise à mort, la Résurrection. Nous invitons à découvrir l’intimité de Jésus, son message. On le prend ou on ne le prend pas.
Quels sont les partis pris de la mise en scène et du décor ?
Je travaille à partir de la Bible de Jérusalem, la plus poétique au niveau du verbe et du rythme. Les évangiles de Marc, Matthieu et Luc sont lus en voix off. Il y avait beaucoup de candidats pour monter sur scène. Nous serons finalement 160 dont 30% qui jouent depuis le départ. Certains ont changé de rôle. Mais Jésus est toujours interprété par Jean-Paul Pobel (Jasseron). Le décor est entièrement nouveau, révélé par le jeu de lumières. Comme je suis peintre, je veux recréer l’ambiance des tableaux qui renvoie à la renaissance, à la peinture hollandaise, italienne, etc. Pour les costumes, nous avons travaillé sur le film de Zephéreli. Le premier spectacle commencera à 15h, le second à 16h 45, le troisième à 20h 30. Entre le premier et le second, il y aura une pause d’une demi heure et un pause repas entre le second et le troisième. Nous aurions pu choisir de jouer sur trois jours. L’idée est de donner l’occasion de s’immerger et vivre pleinement cette histoire. De prendre un moment pour s’arrêter dans notre vie quotidienne. Aujourd’hui, on zappe beaucoup, tout va vite. Nous souhaitons prendre le public par “la peau du coeur” comme disait le Père Vibert qui était à l’origine de cette aventure. Nous voulons faire vibrer le spectateur, qu’il sorte en étant heureux, mais aussi en se posant des questions. L’histoire est parfois dérangeante. Je ne veux ni une histoire à l’eau de rose ni une histoire qui mette de la distance. Dieu est venu sur terre pour être proche des hommes. C’est ma façon de voir.
Propos recueillis par Chantal Lajus
Tarifs : 32 -, préférentiel pour les abonnés Voix de l’Ain : 29 -. Renseignements et réservation au 04 74 30 04 64.